Traitement des pédophiles : Sarkozy illustre une nouvelle fois son mépris des libertés publiques

Nicolas Sarkozy illustre une nouvelle fois dans la question du traitement des pédophiles son peu d’attachement aux libertés publiques.

En permettant d’interner des citoyens sans jugement et sans limite de temps dans des hôpitaux fermés, c’est-à-dire des prisons médicalisées, il revient en profondeur sur les principes fondamentaux de notre Etat de droit.

S’il est tout à fait normal de maintenir en détention des hommes et des femmes qui ont commis des crimes et dont on a pu prouver la culpabilité, comment pourraît-on condamner un individu pour un crime qu’il pourrait commettre ?

D’autant que l’on sait que les expertises médico-psychiatriques sont très relatives et qu’il n’y a aucune certitude sur le fait que ces individus récidiveront ou pas. De plus, on peut penser que les médecins auront une forte propension en cas de doute à garder les malades enfermés pour éviter des « bavures », et ainsi être durement mis en cause par l’opinion publique appuyée par les responsables politiques.

Combien de personnes resteront enfermées sans jugement, pendant des années, sans avoir commis de crime et sans constituer de danger pour la société ?

Au-delà du simple cas du traitement de la pédophilie, cette proposition consitute une atteinte majeure aux principes de la justice en France et pourraît préparer des évolutions plus larges et plus dangereuses : on pourraît alors décider, à partir d’une simple évaluation médico-sociale, de mettre en détention des individus considérés comme une menace sociale.

La dictature s’approche à petits pas.

La France : de gauche à droite ou de droite à gauche ?

A l’issue de l’élection présidentielle et de la large victoire de Nicolas Sarkozy, on a souvent entendu le diagnostic disant que  la France avait basculé à droite, que les valeurs conservatrices avaient pris pour longtemps le dessus. Même Ségolène Royal, candidate de la gauche modérée, mettait en avant les notions de famille, d’ordre, de patrie pour séduire l’électorat.
Pourtant, au-delà des apparences et des discours, il me semble qu’au contraire la France s’est très largement « gauchisée » depuis 25 ans et qu’elle arrive maintenant à un pic.
L’arrivée des socialistes au pouvoir a entraîné la mise en œuvre progressive de toute une série de mesures de gauche qui ont profondément imprégéné la société française. Dès 1981 :  suppression de la peine de mort, semaine de 40 heures, 5ème semaine de congés payés etc… Autant de décisions qui ne seront pas remises en cause par l’alternance de 1986 et le retour de la droite.
Le mouvement de réforme reprend de 1998 à 1993 sous le second septennat de F.Mitterand avec par exemple l’instauration du RMI et de l’impôt sur la fortune. La droite revenue au pouvoir en 1993 ne conteste réellement ces mesures pourtant chargées très symboliques.
Le même processus est à l’œuvre pendant le gouvernement Jospin de 1997 à 2002 avec la mise en place de la couverture maladie universelle, du PACS, des 35 heures… Et le retour de l’UMP au pouvoir en 2002 n’entraîne pas non plus de remise en cause de ces mesures, même si dans son discours elle les a fortement contestées.

Tout se passe comme si la droite, sans véritables états d’âme, entérinait les mesures sociales prises quelques temps avant par la gauche et les intégrait dans ses valeurs et dans sa vision du monde.
Depuis 25 ans, la droite s’est donc largement « gauchisée » et a avalé sans trop de difficultés les réformes en profondeur décidées par la gauche. Pas à cause d’une évolution idéologique inattendue, mais simplement par pragmatisme. Elle a en effet bien compris que la société française attendait ces mesures et que les remettre en cause aurait été suicidaire pour elle. Elle s’en est même habilement servie pour gagner les élections présidentielles en 1995 avec J.Chirac invoquant la « fracture sociale » et en 2007 avec N.Sarkozy n’hésitant pas à faire des références appuyées à Jaurès et à Blum.

Cette victoire sans appel de la gauche au bout de 25 ans de pouvoir est-elle pour autant une bonne nouvelle pour cette dernière ?
Elle me paraît au contraire particulièrement néfaste et destructrice. Elle signifie en effet que la gauche arrive au bout de son mandat.
La mission qui lui avait été confiée en 1981 de faire évoluer la société française, notamment à partir des valeurs qui avaient émergé en mai 68, a atteint son terme.
La gauche a progressivement mis en œuvre toutes les mesures pour lesquelles elle était programmée (ouverture de la société, redistribution des plus aisés vers les moins favorisés, assistance aux plus démunis) et se retrouve confrontée à une impasse :
–    le niveau de redistribution a aujourd’hui atteint un maximum et les catégories populaires traditionnellement à la base de l’électorat du PS commencent à contester le montant  des aides sociales données aux inactifs élevé, notamment au regard du salaire minimum.
–    l’ouverture de la société en termes de mœurs est aujourd’hui largement aboutie
–    le danger représenté par l’extrême droite qui pouvait mobiliser la gauche est durablement écarté.

Il n’y a donc plus d’objectifs pour la gauche, plus d’horizon vers lequel tendre qui permette de mobiliser un électorat et un parti.
La gauche meurt  d’avoir accompli sa mission, tel un insecte qui après avoir vécu une vie intense, disparaît, ayant perdu son utilité.
Il lui reste donc à réfléchir en profondeur pour proposer à la société française de nouvelles perspectives d’évolution, de progrès pour les trente prochaines années … ou à attendre un nouveau mai 68.

2007 : déclin des idéologies – émergence des personnalités

On parle depuis des années d’affaiblissement, de déclin des idéologies, de la disparition du clivage gauche-droite. On entend facilement au travail, au café, dans la rue des jugements comme « tous les mêmes » ou « il n’y a plus de différence ».

Ce leit-motiv répété et un peu usé n’est-il pourtant pas en train de se concrétiser dans la campagne présidentielle 2007 ?

Il faut noter à cet égard la remarquable montée en puissance de F.Bayrou qui apparaît particulièrement significative. Elle n’est pas liée à un engouement soudain des Français pour l’idéologie centriste. Elle traduit plutôt de manière spectaculaire l’affaiblissement des barrières idéologiques qui structuraient notre vie politique et l’émergence des personnalités dans le débat public.

Bayrou en effet rassure par sa personnalité : franchise, sérénité, clarté et cohérence dans son discours, solidité à défendre les acquis républicains auxquels l’immense majorité des Français sont attachés. Il séduit sur sa personne et non pas sur une idéologie particulière, sur un programme dont en fait il parle peu et qui apparaît peu original. Toutes les attaques de droite ou de gauche concentrées sur le centrisme, sur l’impossibilité de concilier valeurs de gauche et de droite etc… sont vaines car F.bayrou se place sur un autre champ : celui de l’homme providentiel. Celui de l’homme qui sait concilier dans un socle minimal les attentes de Français, inquiets devant l’activisme radical de N.Sarkozy ou l’incertitude attachée à S.Royal.

C’est la disparition quasi-achevée des idéologies qui permet cette synthèse inédite dans l’histoire de la démocratie française. Elle a abaissé les gardes-fou puissants qui empêchaient les électeurs de droite et de gauche de soutenir un candidat a priori du camp adverse. C’est cet affaiblissement idéologique qui permet également à N.Sarkozy de piocher à droite et à gauche dans son discours et de faire sans vergogne des allers et retours de Jaurès à Maurras, sans que son image ou sa popularite en soient affectées. C’est aussi ce qui permet à Ségolène Royal de parler d’ordre juste, d’encadrement militaire des délinquants…

Il est d’ailleurs frappant de remarquer que les partis qui ont une position idéologique forte et affirmée (extrême gauche, verts, MPF de de Villiers) sont nettement marginalisés dans cette campagne.

La campagne présidentielle 2007 marque sans doute un moment décisif où clairement les personnalités prennent le pas sur les idéologies, avec toutes les dérives que cela comporte en germe : démagogie, populisme puis autoritarisme.

En outre, n’oublions pas qu’au jeu des personnalités, la plus brillante d’entre elles est sans conteste aujourd’hui celle de J.M Le Pen.

SARKOZY contre la REPUBLIQUE

Nicolas Sarkozy a comme message lancinant la « rupture », même s’il la veut maintenant « tranquille ».
Pourtant il y a une rupture qu’il n’évoque pas parce qu’elle le gêne, même si elle est essentielle, c’est tout simplement la rupture avec les valeurs de la République.
Rarement un candidat « modéré » aura autant, et sournoisement, attaqué les fondements de la République.

Il suffit de prendre les trois valeurs essentielles de la république Française pour voit à quel point elles lui sont étrangères.

– Liberté tout d’abord. Nicolas Sarkozy a une vision de la société où l’autorité et l’ordre priment sur la liberté de manière systématique. En témoigne ses discours où il met de manière régulière en avant la nécessité, d’éliminer les voyous, de maintenir la sécurité, de nettoyer littéralement la société. Ce qui est une véritable obsession sécuritaire pourrait être compréhensible pour un ministre de l’intérieur, elle est beaucoup plus inquiétante pour un candidat à la Présidence de la République. C’est cette vision sécuritaire qui le pousse par exemple à poursuivre les citoyens qui l’insultent dans la rue, alors que traditionellement les hommes politiques acceptent ces vicissitudes qui font partie de la vie politique.
Or, la République française est traditionellement marquée dans son histoire par un aspect « libertaire » qui la fait tolérer de manière assez large les écarts que les citoyens peuvent commettre à l’égard des lois ou des dirigeants.

– Egalité ensuite. Sarkozy développe, sous couvert de progrès, l’idée de la discrimination positive qui consiste à rompre l’égalité entre citoyens au bénéfice d’une catégorie qu’on juge inapte ou incapable de s’imposer par elle-même. Or, cette démarche a priori généreuse sape le fondement des actions de la République qui consiste justement par un certain nombre de mécanismes juridiques (égalite devant la loi, lois antiracistes) mais aussi d’outils (école obligatoire et gratuite, aides pour les plus démunis etc…) à donner à ces citoyens en situation de faiblesses les moyens d’accéder par leurs propres mérites à des situations professionnelles ou sociales comparables à celle du reste de la société française.
N.Sarkozy veut nous faire passer d’une démarche de fond, qui respecte la dignité de tous, mais certes un peu lente, à une démarche superficielle qui donne l’illusion de résultats rapides mais qui ne règle aucun problème au fond et place ceux qui en bénéficient dans une position inconfortable.
L’exemple des Etats-Unis montre bien l’échec de cette vision où après des décennies de ‘discrimination positive’, les non évacués de la Nouvelle-Orléans après le passage de l’ouragan Katrina étaient tous noirs. Plus près de nous, les récentes tentatives pour mettre en place ce genre de mesures en France avec la mise en place de quotas de femmes dans les partis politiques ont montré leur inefficacité. A contrario, le fort taux d’activité des femmes françaises comparé aux femmes allemandes est lié aux mesures de fond mises en place en France ( congés maternité et d’éducation, places de crèche, allocations familiales…) et non pas à des mesures de ce type.

– Fraternité enfin. Sarkozy a une vision communautaire de la société Française où chaque citoyen fait partie d’une catégorie (hommes, femmes, étrangers, immigrés, chrétiens, musulmans, juifs, noirs, blancs, riches, pauvres …) et où le rôle du Président est de trouver un équilibre entre ces communautés et de les faire vivre en bonne intelligence. En ce sens, il est très marqué par la tradition américaine.
Il occulte donc la dimension nationale qui dépasse et qui réunit tous les citoyens pour fonder une identite unique et commune. C’est le principe même de la nation tel que nous le concevons en France qui lui est étranger.
Cette vision segmentée de la société l’amène naturellement à avoir des discours d’exclusion (« il faut éliminer les nuisibles c’est-à-dire les délinquants, les fraudeurs, les clandestins et plus généralement ceux qui ne respectent pas l’ordre ») à la place de discours de rassemblement (« il faut ramener dans le giron de la Réublique ceux qui s’en sont écartés »). Sa gestuelle est d’ailleurs assez claire dans ce domaine où il multiplie les gestes de menace et d’exclusion au détriment de gestes de rassemblement et d’accueil.
Cette absence de vision fraternelle et solidaire de la société ne peut l’amener qu’à découper la société en catégories distinctes, traitées séparement au mépris de l’identité nationale qui nous réunit, et nous unit.
Cette posture est donc de nature à diviser et à séparer la société française à un moment où elle n’en a pas besoin.

On pourrait également citer la notion de laïcité qu’il remet en cause en voulant réintégrer la religieux dans la vie politique et dans la vie publique alors que c’est justement en s’en écartant que l’Etat français moderne s’est construit, avant même la République.

Nicolas Sarkozy est donc, sous couvert d’une modernité apparente, mu par des pulsions archaïques qui vont à l’encontre de toutes les valeurs qui ont fondé l’histoire de la nation Française depuis plus de 2 siècles et qui sont encore aujourd’hui à la base de notre identité nationale.

A ce titre, il est donc un candidat particulièrement dangereux et tous les moyens doivent être mis en oeuvre pour l’empêcher d’accéder au pouvoir.

Ségolène Royal : la victoire de l’affectif

 

On présente dans les médias ou au sein du parti Socialiste la victoire de Ségolène Royal comme un renouveau de la politique, tant sur la forme que sur le fond.

Mais n’est-ce-pas plutôt le dernier épisode de son affaiblissement ?

L’image qu’aura donnée Ségolène Royal aura été le facteur véritablement déterminant, voire unique, de sa popularité et de sa victoire aux primaires socialistes. Si elle avait mesuré 1m55, pesé 60 kgs, avec un visage banal et des cheveux courts, aurait-elle eut le même succès, la même aura ? Evidemment non.

C’est donc l’image, l’apparence qu’elle a donnée de dynamisme, de renouveau, d’amour même auprès de ses partisans qui a entraîné la décision.

Nous sommes là bien loin des leaders charismatiques de la gauche, Gambetta, Jaurès, Blum, Mitterrand qui fondaient leur aura sur leur raisonnement, leur vision de la société et du monde, leur éloquence, au-delà du rapport affectif qu’ils pouvaient nouer avec le peuple.

Car la force de S.Royal est d’avoir établi un lien affectif extrêmement fort avec les militants. Ce lien d »amour » est tellement solide qu’il lui a permis de surmonter ses déclarations les plus hasardeuses, son manque de fond, son éloquence incertaine et son arrogance à peine masquée.

C’est cette relation unique qui lui a donné sa force et lui a permis de triompher d’adversaires bien plus expérimentés, habiles et intelligents mais qui, face à ce lien quasi charnel qu’ils n’ont pas compris, n’avaient aucune chance.

C’est ce lien qui a permis à ses sympathisants d’être totalement imperméables à toutes les critiques objectives qu’on pouvait adresser à leur chef de file.

Certes, l’élection présidentielle est une rencontre entre un individu et un peuple et la puissance du lien affectif est un élément déterminant de la victoire.

Mais à ne faire reposer l’adhésion à un leader que sur l’affectif on prend le risque de la démagogie, de la dérive d’un chef tout puissant puisqu’il tient ses partisans.

Le rayonnement de S.Royal au soir de sa victoire était à ce titre éloquent : elle rayonnait de la puissance et de l’emprise qu’elle avait sur ses partisans.

Le risque évident de ce type de situation est de tomber dans une relation asymétrique où le peuple n’a plus de prise sur son leader et où donc les gardes-fou disparaissent.

Il ne s’agit certes pas de comparer Ségolène Royal aux dictateurs démagogues et tyranniques qui ont émaillé l’histoire ou au leader d’une secte, mais de constater que plutôt de renouveau, il s’est agit de régression, au sens peut-être psychanalytique du terme.

Une régression de plusieurs siècles d’affirmation et d’exigence démocratique que les citoyens ont construit patiemment vis-à-vis de leurs dirigeants.

Fallait-il que les militants du Parti Socialiste soient désemparés pour abdiquer leur intelligence, leur exigence et se réfugier dans les bras rassurants d’une madone souriante.

C’est dont un soir amer et rageant pour la gauche, et la démocratie dans son ensemble.

Ter Repetita : la gauche la plus bête du monde

Ceux qui s’indignent, s’étonnent, rejettent avec colère ou condescendance la candidature de Jean Pierre Chevènement aux prochaines élections présidentielles ne laissent pas de me stupéfier.
Comment peut-on faire preuve d’autant d’acharnement, d’obstination dans l’aveuglement et l’autisme face à un peuple, notamment de gauche, qui a crié son désarroi, son incompréhension et son besoin viscéral d’être entendu à deux reprises en avril 2002 et mai 2005 ?
La gauche n’a décidemment rien compris et continue à ignorer avec une superbe suicidaire les questions essentielles qui pourtant taraudent l’électorat.
Alors que les sujets majeurs tiennent à la place de l’Etat vis-à-vis du secteur privé, à la construction européenne, à la place de la France et à son identité (que garder et que perdre dans cette intégration inévitable ?), alors que la nation est confrontée à un des choix les plus fondamentaux depuis sa naissance, les sujets de la campagne à gauche portent sur l’encadrement des jeunes délinquants, la carte scolaire, d’hypothétiques « jurys populaires »…
La gauche élude les sujets qui pourtant devraient lui permettre de mobiliser son électorat et de gagner facilement les élections.
La candidature de J.P Chevènement ne va pas entraîner l’affaiblissement de la gauche, elle en est tout simplement le résultat.
Ne nous y trompons pas, les voix qu’il récupèrera seront autant de voix en moins pour l’extrême droite ou l’extrême gauche, qui, à la différence du parti socialiste, ont entendu l’électorat.

On avait coutume de dire qu’on avait en France la « droite la plus bête du monde ». Aujourd’hui, cet adage peut se porter sans hésitation sur la gauche.

PARTI SOCIALISTE : LA FIN EST PROCHE

C’est une évidence aujourd’hui de dire que le Parti socialiste est mal en point.

Sa base militante, vieillie, est largement coupée de la réalité sociale : près de la moitié sont des élus, hors de la société réelle et loin de ceux qui souffrent et qui sont en difficulté. (Etaient-ils auprès des expulsés de Cachan ?) . Ils sont naturellement préoccupés par le renouvellement de leur mandat, ce qui pousse plutôt au conservatisme qu’à la révolution.

Ce sont des militants qui ont pu soutenir Lionel Jospin en 2002 sans états d’âme et sans réaliser le fossé qui le séparait du peuple, et c’est plus cruel encore, des sympathisants de gauche.

Des militants schizophrènes qui votent "oui" à la constitution européenne au sein du parti et "non" quand ils sont dans l’isoloir.

Des militant, enfin, prêts à renoncer à leurs exigences idéologiques et à se laisser séduire par une candidature de simple image pour peu qu’elle leur offre un salut .

Bref des militants totalement désemparés et désunis, à l’image de leur parti.

Au sein du P.S en effet, les clivages se creusent tant au niveau des hommes que des idées. Les leaders des différentes sensibilités s’éloignent inexorablement les uns des autres, sans personnalité suffisamment forte pour les réunir.

Plus grave, les courants idéologiques eux-mêmes s’éloignent jusqu’à paraître irréconciliables en deux grandes tendances :

– un courant emmené par Laurent Fabius, ancré dans les valeurs républicaines et traditionnelles de la gauche et qui se rapproche insensiblement des mouvements de l’extrême gauche (Lutte ouvrière, L.C.R, parti Communiste), Républicains (M.C.R de J.P Chevènement) et associatifs (Attac) profitant ainsi de leur dynamisme. Cette tendance a trouvé son baptême fondateur dans la mobilisation autour du "non" au référendum sur la Constitution Européenne.

– un courant de centre gauche libéral, incarné par Dominique Strauss-Kahn, favorable à une Europe libérale et à une économie de marché peu réglementée. Cette tendance, qui a dit "oui" au référendum de manière convaincue, pourrait facilement se rapprocher de l’UDF et de F.Bayrou dont il n’est plus idéologiquement séparé par grand chose.

En dehors de ces courants, il n’y a plus beaucoup de place. Les hiérarques, puis les militants, devront choisir.

     Il est évident aujourd’hui que la ligne de fracture qui sépare et qui va séparer pour longtemps la classe politique française est l’attitude à adopter face à la construction européenne. Et cette ligne traverse le Parti Socialiste.

     Rien ne semble donc pouvoir s’opposer à l’éclatement du P.S, soit après la présidentielle, soit même au moment du choix des candidats à l’automne.

     Guy Bedos l’avait prédit : "Miterrand est un homme honnête : il laissera le Parti Socialiste dans l’état dans lequel il l’a trouvé".

Des mérites comparés des démocraties et des dictatures dans la sélection des dirigeants

        L’affrontement actuel entre les etats-Unis et Al Qaida, représentés par G.Bush et Ben laden, illustre à mon avis de manière saisissante l’affaiblissement des régimes démocratiques face aux systèmes autoritaires.

G.Bush a été choisi à deux reprises par des dizaines de millions d’électeurs, par un pays qui est la plus ancienne démocratie du monte (1776) et qui n’a cessé au fil des siècle de renforcer son fonctionnement démocratique jusqu’à devenir une référence pour le monde entier, voire pour les autres démocraties. Pourtant aujourd’hui, l’aboutissement de ces 2 siècles d’enracinement démocratique, c’est-à-dire la présidence de G.Bush, nous amène à nous interroger sur l’efficacité de la sélection démocratique pour assurer à nos Etats des leaders compétents et efficaces, notamment face à la sélection mise en oeuvre dans les régimes autoritaires.

Des leaders comme Ben Laden, Vladimir Poutine, Ahmadinejad ont une supériorité intellectuelle, tactique, stratégique…évidente sur bon nombre de dirigeants démocratiquement élus : Bush, Berlusconi, Chirac…

Il sont devenus des dirigeants de leur pays ou de leur organisation de manière autoritaire, voire sanglante. Ils ont dù pour accéder et se maintenir au pouvoir utiliser des méthodes brutales, éliminer parfois physiquement leurs rivaux et résister aux attaques du même genre de la part de leurs adversaires, jusqu’à en sortir victorieux. Ils sont le produit d’une "sélection naturelle" particulièrement dure et âpre.

A l’inverse, dans les démocraties anciennes, l’apaisement de la vie politique, la quasi disparition des clivages politiques, l’atténuation majeure de la violence des affrontements politiques a très nettement diminué l’importance des qualités de combattivité, voire d’agressivité, pourtant essentielles dans le contexte acutel diplomatique ou économique.

Le mode de sélection des dirigeants porte plus sur la capacité à communiquer, à séduire voire à manipuler, que sur l’aptitude à combattre ses adversaires, leurs idées ou leurs leaders.

     Les grands affrontements politiques des 19ème et 20ème siècles entre les classses sociales, entre les démocrates et les fascistes, les ouvriers et le patronat, la gauche et la droite etc… ontmarqué et rythmé la vie des institutions et ont amené au pouvoir des leaders de valeur : Gambetta, Clémenceau, Blum, De gaulle, Miterrand …, tous issus d’une lutte idéologique féroce pour le pouvoir.

L’apaisement actuel et le consensus global qui prévalent dans la vie politique ne peuvent que favoriser que ceux qui savent jouer sur les émotions, le sentiments des peuples, sans forte contradiction puisque les affrontements idéologiques et politiques ont disparu.

Au-delà des risques de démagogie et de manipulation qu’elle contient, cette dérive a pour conséquence de porter au pouvoir des hommes dépourvus de qualités de leaders et d’homme d’Etat. Le contraste est à cet égard saisissant entre O. Ben Laden et G.Bush. Ce dernier est ainsi tombé dans le piège pourtant grossier tendu par Al Qaida en ouvrant plusieurs fronts entre l’Occident et les régimes musulmans, permettant ainsi à l’intégrisme de se développer de manière historique.

     L’exemple de la France montre également que le processus de sélection des dirigeants ne fonctionne pas. La 5ème république a bâti des institutions destinées à sélectionner le meilleur candidat pour accéder au pouvoir suprême c’est-à-dire la Présidence de la république. L’élection du suffrage universel du président devait permettre au meilleur homme politique ou en tout cas à un homme de valeur, souvent leader de son parti, de prendre le pouvoir et de l’exercer de manière souveraine. Ce processus a fonctionné jusqu’en 1981, dernier épisode de l’affrontement idéologique en France.

Les élections de J.Chirac en 1995, puis en 2002, ont montré que le mode de sélection ne fonctionnait plus. En effet, ce dernier a été choisi bien plus pour ses qualités humaines et la sympathie qu’il inspirait que pour ses capacités de dirigeant. Le bilan tiré, tant à gauche qu’à droite, après 12 ans de pouvoir est unanime. L’apaisement de notre vie politique, l’anéantissement quasi complet des idélogies la désaffection des citoyens pour le débat politique conduisent donc à la désignation de dirigeants sans envergure et sans qualités d’homme d’Etat.

     Souvenons-nous que la Monarchie française s’est effondrée quand la succession dynastique s’est effectuée de manière pacifique à deux reprises lui amenant des dirigeants qui n’avaient pas eut à combattre pour accéder au pouvoir et qui se sont révélés médiocres et incapables de faire face aux situation qu’ils ont rencontrées.

     Il ne s’agit pas dans cette réflexion de promouvoir les dictatures dont on sait le prix terrible qu’elle font payer aux pays et à leurs peuples, mais d’appeler à la vigilance sur le fonctionnement de notre système démocratique dont la pérennité dépend de son efficacité.

Israël et Hezbollah

Israel au niveau du Hezbollah

            En appliquant la règle oeil-pour-oeil, dent-pour-dent, Israël n’est-il pas en train de se mettre au niveau de ce qu’il entend combattre, c’est-à-dire la barbarie mise en oeuvre par le Hezbollah ?

            En privilégiant systématiquement la fin sur les moyens c’est-à-dire en hésitant pas à tuer nombre de civils pour atteindre des combattants islamistes, n’est-il-pas en train d’incarner ce qu’il prétend vouloir éradiquer ?

            Le piège tendu par le Hezbollah est en passe de transformer Israël en Etat brutal, insensible aux cris des Libanais et de la communauté internationale, aveugle aux violations des droits de l’homme qu’il commet quotidiennement.

            En ce sens, le pari du Hezbollah est déjà gagné.

Droit de vote des étrangers : la gauche fossoyeur de la République.

     En organisant ce référendum en Seine-Saint Denis sur le droit de vote des étrangers aux élections locales et en se mobilisant comme un seul homme sur un sujet, apparemment, simple et consensuel, l’ensemble de la gauche a accompli, avec sérénité, un pas de plus vers l’affaiblissement de la République.

Sous couvert de bons sentiments et en se donnant l’impression qu’elle retrouvait ses racines solidaires et populaires, la gauche, de la LCR au Parti Socialiste en passant par les Verts, a remis en cause un pilier essentiel du régime qu’elle entend préserver : la nationalité.

L’appartenance à la nation française est un élément essentiel et fondateur de la République Française. Le clivage droite-gauche a longtemps été celui de la facilité à accéder à la nationalité française, la droite mettant des conditions objectives à cet accès (maîtrise de la langue, durée mininum de séjour …), la gauche se contentant largement de l’expression de la volonté de faire partie de la nation française. Ce clivage traditionnel, qui a évolué au cours des décennies et qui a fondé le mode d’enrichissement de notre pays par les immigrations successives, est maintenant battu en brèche. Par un Nicolas Sarkozy, peu avare de déclarations démagogiques et contradictoires mais aussi par une gauche épanouie et rassemblée sur ce sujet, mais dont l’aveuglement généralisée confine à l’imbécillité.

En remettant en cause le principe de la nationalité, c’est-à-dire le fait qu’il faille faire partie de la nation française pour participer à sa vie politique et aux décisions qui l’engagent, la gauche remet en cause le principe même d’intégration des populations étrangères pour lesquelles l’objectif a toujours été de les amener à intégrer progressivement notre société (par la langue, la culture, l’école…) pour en faire des citoyens à part entière, prêts à assumer pleinement leur rôle. L’autre face de cette intégration étant la volonté clairement et symboliquement affirmée de faire partie de la nation, en accédant à la nationalité française.

En renonçant à cette exigence, qui est aussi une opportunité essentielle pour les populations étrangères, c’est au fondement de la construction de la société française, largement bâtie sur les vagues successives d’immigration, que la gauche s’attaque sans s’en rendre compte.

S’il n’y a plus d’exigence d’une volonté d’appartenance à la France, manifestée par l’accès à la nationalité, surgit alors le risque d’une société communautaire, multi-culturelle, pour laquelle le partage de valeurs communes et surtout d’une volonté commune de vivre ensemble n’est plus indispensable.

Cette attitude conduit alors à favoriser les tendances de repli sur soi, sur des valeurs identitaires propres et exclusives des autres, au détriment des valeurs générales, voire universelles, portées par l’identité française.

     En voulant, sans réfléchir, promouvoir une réforme en apparence généreuse et progressiste, la gauche est tranquillement en train de saper les fondements des valeurs qu’elle prétend défendre.