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Gilets jaunes : la révolte des égos

 

De ces événements violents, déstabilisants et consternants, on peut retenir un élément central : l’individualisme. La révolte du « moi », qui en s’agrégeant à celle des autres « moi », donne l’impression euphorisante à ceux qui la porte qu’ils participent à un mouvement du « peuple », comme ils se sont auto-proclamés.

Loin d’être dans une démarche collective, les gilets jaunes n’ont aucune pensée pour les « autres », qui par définition ne peuvent qu’être d’accords avec eux contre les élites, et n’ont aucune réflexion rationnelle sur ce que les « autres », notamment les classes sociales moyennes et supérieures, leur apportent dans leur quotidien : financement des services publics, de l’éducation etc…

C’est « moi, je veux plus parce que je le mérite et j’y ait droit ! ».

Mais au nom de quoi ont-ils ses droits ? A l’éducation pour leurs enfants (8.000 euros par an pour un enfant en collège), à la santé (3.000 euros par jour pour une hospitalisation), à la sécurité etc…

Sont-ils vraiment les victimes, les oubliés de la société ou leur colère, devenue rage maintenant, ne vient-elle pas du décalage entre leurs ambitions, leurs envies, leurs désirs et la réalité ?

Ce ressentiment qui leur fait franchir toutes les barrières de la morale et du respect républicains ne vient-il pas de la différence entre ce qu’on leur promet depuis des années à coups d’émissions de téléréalité, de démagogie, de slogans tapageurs d’enseignes de grande consommation de type« vous méritez le meilleur », et la réalité de leur quotidien.

La grande habileté du mouvement a été de présenter son combat comme portant contre l’élite, alors qu’il porte en fait contre le reste de la société, qui leur « prend, leur taxe, leur vole » les richesses qui leur reviennent de droit.

Le vrai objectif n’est pas une répartition plus juste des richesses, qui pourrait se faire par exemple en s’en prenant aux grands privilégiés, footballeurs, hommes d’affaires etc…qui gagnent des millions d’euros et qui accroissent leur richesse et les inégalités, mais à ceux qui sont au-dessus d’eux socialement, et qui appartiennent à une classe sociale à laquelle ils désirent accéder.

Et si ce désir, légitime après tout, ne se réalise pas paisiblement, il doit se faire par la force.

Il y a dans ce mouvement un puissant mouvement d’envie qui balaie les principes les plus élémentaires de respect et de considération pour les autres.

 

C’est une révolte des égos, bien loin de celle des « égaux ».

L’EUROPE EST MORTE : VIVE L’EUROPE !

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L’Europe institutionnelle est morte et elle ne s’en est pas encore totalement rendue compte.

La crise économique, et plus fondamentalement l’euro, l’ont tuée.

Paradoxalement, la sortie de crise qui s’annonce, mise en œuvre au niveau européen, illustre ce déclin : ce n’est pas une décision d’une instance communautaire supérieure qui va permettre de relancer la machine économique. C’est la décision de l’Allemagne seule, qui a eu dans cette affaire toutes les cartes en main.

Et ce n’est pas l’initiative de François Hollande qui permettra

La crise a marqué le retour vers l’individualisme des Etats. Nous n’avons vu qu’une solidarité de circonstances qui a maintenu un semblant de consensus. A aucun moment, nous n’avons vu d’intervention d’une instance régulatrice supranationale, capable d’imposer des mesures aux Etats membres. Le système a vacillé alors qu’il ne s’agissait que d’imposer des décisions très restrictives à de « petits » Etats, incapables de résister à la volonté et à la puissance de l’Allemagne.

Que ce serait-il passé si la France avait été dans la situation du Portugal ou de la Grèce ? L’union européenne aurait volé en éclats de manière brutale.

Aujourd’hui, elle est moribonde et ne survit que parce qu’il faut une apparence de stabilité pour rassurer les marchés, les entreprises et les consommateurs et permettre ainsi une sortie de crise relativement sereine.

La crise a fait surgir les sentiments nationaux et surtout l’idée qu’il fallait, et qu’on ne pouvait, s’en sortir, que seul.

L’union européenne, et l’idée européenne, y survivront-elles ? Rien n’apparait moins sûr.

Car son existence semble très peu utile, voire contre-productive.

En matière économique, son incapacité à anticiper et à maîtriser la crise financière est patente. Le déroulement de la crise et les solutions qui se dessinent montrent bien plus une interdépendance forte des Etats membres, qu’une solidarité ou qu’une communauté d’esprit ou de vision. Dès lors, pour gérer une interdépendance, il n’y a pas de besoin d’instances supranationales. Un intérêt commun et bien compris suffit à assurer un socle minimum de régulation sans qu’il y ait besoin de règles contraignantes et directives.

La seule règle véritablement contraignante, la monnaie unique, apparaît aujourd’hui bien plus comme une contrainte que comme un atout. Elle a en effet supprimé les marges de manœuvre dont pouvaient disposer les Etats pour faire face aux crises économiques et les a contraint pour la plupart à des solutions douloureuses dont les sociétés qui les composent n’avaient pas la culture.

En matière de relations internationales, l’indigence de la mobilisation des Etats membres derrière la France dans son intervention au Mali, pourtant jugée indispensable, montre le degré zéro de la crédibilité de l’Union européenne dans ce domaine.

Les exemples seraient nombreux de la faillite annoncée de l’Europe dans ses champs d’intervention pourtant déjà anciens : protection de l’environnement, protection sanitaire etc…

Voilà dont une institution qui n’apporte plus rien, dont nous n’avons plus besoin d’un point de vue géostratégique depuis l’effondrement de l’Union Soviétique, et qui apparaît bien plus comme un fardeau entravant l’initiative des Etats membres qu’une chance pour eux.

Son avenir apparaît bien sombre.

L’Europe institutionnelle telle que nous la connaissons est sans doute morte.

Vive l’Europe culturelle, intellectuelle et entrepreneuriale !

Le résultat des régionales : une alerte et un mouvement à créer . Tradition et Modernité

A l’issue de ces élections régionales 2010 quels enseignements tirer de ce

scrutin?

Tout d’abord sur le strict plan des résultats électoraux, la gauche unie autour du parti socialiste et incluant Europe écologie et le front de gauche a représenté la majorité des voix des électeurs . La gauche conserve ses présidences de région et arrive à prendre à la droite la Corse.

Pour l’UMP c’est une défaite cuisante, le parti de la majorité présidentielle ne rassemble que 35% des suffrages exprimés et présidera seulement aux destinées de 3 régions dont une seule (l’Alsace) en métropole.

Mais ce qui ressort surtout de cette élection c’est le profond désarroi de nos concitoyens qui s’est exprimé par une forte abstention et par la permanence d’un vote protestataire au profit d’un mouvement qui ne défend les valeurs de la France républicaine, le Front National.

Un français sur 2 s’est déplacé au urnes, et c’est là une défaite et une menace pour notre démocratie républicaine.

Cette abstention traduit la perte de confiance du peuple de France à l’égard de ses dirigeants et de ceux qui par l’alternative qu’ils sont sensés proposer, aspirent à le devenir.

Le front national représente près de 15 % des voix et dépasse même les 20% dans le nord et en Provence Alpes Cote d’Azur. Ce score révèle le malaise d’une partie des français qui perdu l’écoute de leurs dirigeants et donne leur confiance à un mouvement dangereux pour la vie démocratique de notre pays.

Alors que faire ?

Ces signaux,ces messages doivent être entendus et pris en compte par la majorité UMP et l’opposition qu’incarne la gauche unie.

La majorité tout en gardant le cap de son projet politique pour lequel elle a été élue en 2007, doit amender, corriger et ajuster ses projets de réformes, ses actions, ses initiatives pour leur donner plus de cohérence et une meilleure lisibilité.

Le bouclier fiscal par exemple, qui part d’une idée de bon sens, n’est peut-être plus aussi essentiel à l’heure des déficits et des dettes qui menacent notre pays.

Les réformes nécessaires que la majorité présidentielle entend mener doivent prendre en compte ce désir d’une meilleure protection à l’heure ou le chômage touche plus de 10% de la population active, notamment chez les jeunes.

Il faut concilier la nécessaire recherche de l’efficacité économique au service de la préservation et du développement de la compétitivité économique de notre pays, seul moyen de créer les richesses nécessaires pour être équitablement redistribuées au sein du corps social en fonction des besoins de nos concitoyens.

Notre système de protection sociale en matière d’ assurance maladie et de retraites illustre cette ambition et ce difficile équilibre entre le développement et la redistribution sociale dont le service public par ses différents opérateurs est le garant.

L’opposition républicaine autour du PS doit faire preuve de responsabilités si elle veut transformer un jour(peut-être dès 2012) l’essai qu’elle a su inscrire en ce 21 mars. Il faut arrêter la critique systématique de l’action du gouvernement et du président. Au contraire, la gauche doit construire un véritable projet politique,économique,social environnemental susceptible d’offrir à nos concitoyens une alternative démocratique qui contribuera à rendre le débat politique et démocratique suffisamment riche et crédible pour être respecté.

Le résultat de cette élection est une alerte, le message du peuple de France doit être pris en compte par ses politiques et ses gouvernants pour renforcer et défendre notre république dont les valeurs et le système démocratique sont menacés.

C’est l’objectif poursuivi par «tradition et modernité» que de réveiller les consciences pour contribuer à servir la République Française.

 

Tradition et Modernité

La RUSSIE : un tigre de papier ?

L’incursion militaire russe en Géorgie et sa victoire facile peuvent apparaître comme un succès et le renouveau d’une Russie triomphante qui aurait recouvré sa superbe et son influence.

Pourtant, à y regarder de plus près, cet énième épisode de l’affirmation brutale de la puissance russe auprès de ses voisins, après l’invasion de la Tchétchénie, le blocus du gaz en Ukraine, les pressions sur la Moldavie, les cyber-attaques contre les Pays-Baltes, illustre plutôt la faiblesse de la présence russe aujourd’hui dans ce qui a été pendant des siècles des zones traditionnelles d’influence.

Le bilan après plus de 15 ans de délitement de l’ex-URSS montre l’échec magistral de la Russie à limiter sa perte d’influence. Les pays qui étaient depuis des siècles intégrés dans sa sphère d’attraction sont devenus indépendants et se sont solidemment arrimés à l’Europe occidentale et aux Etats-Unis (la Lituanie, l’Estonie, la Lettonie, la Pologne font partie de l’Union Européenne et de l’OTAN; l’Ukraine a un gouvernement pro-ocidental et souhaite ardemment intégrer ces institutions).

Les régions d’Asie centrale et du Caucase sont devenues des Etats souverains, donc autonomes. Et si certains restent étroitement liés au Kremlin (Arménie, Tadjikistan, Turkmenistan), d’autres sont franchements hostiles (Georgie, Azerbaidjan). Tous sont en outre traversés par des mouvements pro-démocratiques proches des occidentaux, par nature hostiles à l’autoritarisme russe, et qui menacent les liens noués par les régimes autoritaires en place avec leur puissant voisin.

L’armée, elle-même, fleuron sur lequel Vladimir Poutine s’appuie pour affirmer la puissance russe est en piteux état. L’absence d’investissement dans la recherche militaire, de crédits d’investissement ou de fonctionnement ont considérablement affaibli les forces armées depuis la chute de l’Union Soviétique. La parité avec les Etats-Unis a depuis longtemps disparu, sauf pour les armes nucléaires, ce qui explique d’ailleurs la vigueur et la virulence de la réaction de la diplomatie russe face au projet américain de constitution d’un bouclier anti-missile en Europe. La faiblesse de l’armée russe s’est illustrée par ses difficultés lors des deux guerres de Tchétchénie, où la Russie n’a du sa relative victoire qu’à l’envoi de supplétifs sortis de ses prisons et à des alliances avec des milices locales. En Géorgie même, les soldats russe ont été stupéfaits de la différence de qualité de leur matériel et de celui de la petite marine géorgienne.

En termes économiques enfin, la Russie n’a pas non plus les moyens de ses ambitions impérialistes. En recul, elle ne représente que la 13ème économie du monde, et encore doit-elle ce rang à ses matières premières, qui sont forcément amenés à décliner à plus ou moins brève échéance. Elle ne constitue en outre en aucun cas un modèle économique attractif pour ses voisins qui aurait pu l’aider à renforcer son influence, à l’image de ce que fait l’Union Européenne, et dans une moindre mesure la Chine.

La Russie dispose certes de l’arme énergétique, sur laquelle elle peut compter face à une Europe occidentale craintive sur le sujet. Cependant, cette arme a une portée limitée : d’une part, la Russie a autant besoin, sinon plus, de vendre son pétrole et son gaz aux pays occidentaux que ces derniers de l’acheter, d’autre part, à trop agiter la menace, elle prend le risque de voir ses clients développer de nouvelles sources d’approvisionnement.

Les leviers de la puissance russe sont donc extrêmement faibles, sauf sans doute celui de la communication que Vladimir Poutine utilise avec une très grande habileté et dans le champ duquel s’inscrit sans doute l’intervention en Géorgie. A ce titre, on peut dire que le but est largement atteint.

Malgré les rodomontades du Kremlin et la faiblesse des réactions de certains pays occidentaux, la Russie n’est donc plus aujourd’hui qu’un tigre de papier, capable uniquement de terroriser de petits Etats.

Sarkozy contre les contre-pouvoirs, ou comment éliminer progressivement ceux qui ne sont pas d’accord avec vous.

Nicolas Sarkozy a passé une bonne partie de son mandat depuis près d’un an maintenant à tenter d’éliminer ou d’affaiblir toutes les institutions ou tous les hommes qui lui étaient opposés.

Il s’est tout d’abord attaqué au Parti Socialiste en débauchant une partie de ses seconds couteaux frustrés de ne pas avoir la carrière qu’ils espéraient, puis en envoyant pour cinq ans aux Etats-Unis son plus dangereux concurrent, Dominique Strass-Khan, neutralisant ainsi le meilleur candidat du PS.

Il s’est ensuite attaqué aux médias.

Aux médias amis d’abord pour bien marquer qu’ils devaient lui être soumis. A cet égard, le renvoi du directeur de Paris-Match Alain Genestar pour la publication de photos sur cecilia Sarkozy qui lui avaient déplu a été significatif. Et le signal envoyé au personnel des journaux, directeurs ou journalistes, clair. Et compris.

Il est même jusqu’au Figaro où les journalistes ont été priés par leur rédaction de s’impliquer un peu plus dans la défense de N.Sarkozy au point que certains s’en sont émus et ont profité d’un plan de restructuration financière pour partir.

Aux médias considérés comme hostiles ensuite.

La suppression de la publicité à France Television et la pression insidieuse qu’il a fait peser sur les journalistes par des allusions à peine masquées avant ses interventions sur le manque de politesses de ses interlocuteurs, le « placard » de certains journalistes, la perspective d’une « reprise en main » sont autant de manifestations de sa volonté de contrôler, voire de soumettre, un service public qu’il juge « frondeur ».

Dans cet esprit, la suppression des recettes publicitaires vise à affaiblir France Television en supprimant une partie de ses ressources propres et en la soumettant donc au bon vouloir du pouvoir politique, la totalité de ses recettes étant désormais liée à des décisions relevant de l’Etat. Patrick de Carolis l’a compris un peu tard et s’efforce, avec courage mais plutôt seul, de contre-carrer ce plan.

L’offensive de N.Sarkozy a touché également les institutions détentrices du savoir et de l’expertise qui pouvaient se trouver en opposition avec sa stratégie de communication. Ainsi l’INSEE a été attaquée de manière très virulente par l’UMP pour avoit produit des analyses et des prévisions qui gênaient le gouvernement.

Nicolas Sarkozy met donc en place avec un certain succès une stratégie d’élimination de tous ses opposants dans la perspective de l’élection présidentielle de 2012, qu’il sait difficile.

Ce talent ne cacherait-il pas les insuffisances de l’homme d’Etat ?

Des jeux sans idéal

 

            La polémique autour de l’organisation des Jeux Olympiques par la Chine a semblé mettre en opposition les valeurs sacrées et nobles de l’Olympisme et la pratique d’un Etat autoritaire, méprisant souverainement ces mêmes valeurs.

Pourtant, il y a bien longtemps que les J.O ont été vidés de leur sens et de leur éthique. Ils sont devenus au fil du temps, comme tous les événements sportifs mondiaux, avant tout une démarche commerciale offrant une vitrine aux multinationales. On se souvient de l’emprise de Coca-Cola sur l’organisation et le déroulement des jeux d’Atlanta en 1996.

Le choix de la Chine pour 2008 a ainsi été dicté par la volonté des grands groupes industriels d’avoir un accès privilégié à l’immense marché chinois et plus largement à l’ensemble des marchés asiatiques.

La dimension géopolitique est également déterminante dans le déroulement des J.O aujourd’hui. La décision de les attribuer à Pékin a été le gage donné par les pays occidentaux à un pays en pleine affirmation économique et politique dont on souhaitait s’attirer les bonnes grâces. Le régime chinois ne s’y est pas trompé en donnant à ces jeux une forte connotation nationaliste et en réagissant avec dédain et arrogance aux critiques sur la situation des droits de l’homme, à l’intérieur du pays ou au Tibet. Leur attitude à Paris concernant le parcours de la flamme olympique était à cet égard significative.

 

Il est jusqu’aux athlètes qui ont participé à ce mouvement de dégradation des valeurs olympiques en devenant uniquement préoccupés par leur gloire personnelle et par l’argent, ouvrant ainsi la voie à la généralisation du dopage qui a tué l’esprit du sport.

 

Il ne reste aujourd’hui plus rien des idéaux de fraternité, d’ouverture, d’altruisme de l’olympisme moderne des débuts.

Au lieu de se demander s’il faut boycotter la cérémonie d’ouverture, ne faudrait-il pas plutôt s’interroger sur notre participation à des jeux maintenant vides de sens ?

Traitement des pédophiles : Sarkozy illustre une nouvelle fois son mépris des libertés publiques

Nicolas Sarkozy illustre une nouvelle fois dans la question du traitement des pédophiles son peu d’attachement aux libertés publiques.

En permettant d’interner des citoyens sans jugement et sans limite de temps dans des hôpitaux fermés, c’est-à-dire des prisons médicalisées, il revient en profondeur sur les principes fondamentaux de notre Etat de droit.

S’il est tout à fait normal de maintenir en détention des hommes et des femmes qui ont commis des crimes et dont on a pu prouver la culpabilité, comment pourraît-on condamner un individu pour un crime qu’il pourrait commettre ?

D’autant que l’on sait que les expertises médico-psychiatriques sont très relatives et qu’il n’y a aucune certitude sur le fait que ces individus récidiveront ou pas. De plus, on peut penser que les médecins auront une forte propension en cas de doute à garder les malades enfermés pour éviter des « bavures », et ainsi être durement mis en cause par l’opinion publique appuyée par les responsables politiques.

Combien de personnes resteront enfermées sans jugement, pendant des années, sans avoir commis de crime et sans constituer de danger pour la société ?

Au-delà du simple cas du traitement de la pédophilie, cette proposition consitute une atteinte majeure aux principes de la justice en France et pourraît préparer des évolutions plus larges et plus dangereuses : on pourraît alors décider, à partir d’une simple évaluation médico-sociale, de mettre en détention des individus considérés comme une menace sociale.

La dictature s’approche à petits pas.

La France : de gauche à droite ou de droite à gauche ?

A l’issue de l’élection présidentielle et de la large victoire de Nicolas Sarkozy, on a souvent entendu le diagnostic disant que  la France avait basculé à droite, que les valeurs conservatrices avaient pris pour longtemps le dessus. Même Ségolène Royal, candidate de la gauche modérée, mettait en avant les notions de famille, d’ordre, de patrie pour séduire l’électorat.
Pourtant, au-delà des apparences et des discours, il me semble qu’au contraire la France s’est très largement « gauchisée » depuis 25 ans et qu’elle arrive maintenant à un pic.
L’arrivée des socialistes au pouvoir a entraîné la mise en œuvre progressive de toute une série de mesures de gauche qui ont profondément imprégéné la société française. Dès 1981 :  suppression de la peine de mort, semaine de 40 heures, 5ème semaine de congés payés etc… Autant de décisions qui ne seront pas remises en cause par l’alternance de 1986 et le retour de la droite.
Le mouvement de réforme reprend de 1998 à 1993 sous le second septennat de F.Mitterand avec par exemple l’instauration du RMI et de l’impôt sur la fortune. La droite revenue au pouvoir en 1993 ne conteste réellement ces mesures pourtant chargées très symboliques.
Le même processus est à l’œuvre pendant le gouvernement Jospin de 1997 à 2002 avec la mise en place de la couverture maladie universelle, du PACS, des 35 heures… Et le retour de l’UMP au pouvoir en 2002 n’entraîne pas non plus de remise en cause de ces mesures, même si dans son discours elle les a fortement contestées.

Tout se passe comme si la droite, sans véritables états d’âme, entérinait les mesures sociales prises quelques temps avant par la gauche et les intégrait dans ses valeurs et dans sa vision du monde.
Depuis 25 ans, la droite s’est donc largement « gauchisée » et a avalé sans trop de difficultés les réformes en profondeur décidées par la gauche. Pas à cause d’une évolution idéologique inattendue, mais simplement par pragmatisme. Elle a en effet bien compris que la société française attendait ces mesures et que les remettre en cause aurait été suicidaire pour elle. Elle s’en est même habilement servie pour gagner les élections présidentielles en 1995 avec J.Chirac invoquant la « fracture sociale » et en 2007 avec N.Sarkozy n’hésitant pas à faire des références appuyées à Jaurès et à Blum.

Cette victoire sans appel de la gauche au bout de 25 ans de pouvoir est-elle pour autant une bonne nouvelle pour cette dernière ?
Elle me paraît au contraire particulièrement néfaste et destructrice. Elle signifie en effet que la gauche arrive au bout de son mandat.
La mission qui lui avait été confiée en 1981 de faire évoluer la société française, notamment à partir des valeurs qui avaient émergé en mai 68, a atteint son terme.
La gauche a progressivement mis en œuvre toutes les mesures pour lesquelles elle était programmée (ouverture de la société, redistribution des plus aisés vers les moins favorisés, assistance aux plus démunis) et se retrouve confrontée à une impasse :
–    le niveau de redistribution a aujourd’hui atteint un maximum et les catégories populaires traditionnellement à la base de l’électorat du PS commencent à contester le montant  des aides sociales données aux inactifs élevé, notamment au regard du salaire minimum.
–    l’ouverture de la société en termes de mœurs est aujourd’hui largement aboutie
–    le danger représenté par l’extrême droite qui pouvait mobiliser la gauche est durablement écarté.

Il n’y a donc plus d’objectifs pour la gauche, plus d’horizon vers lequel tendre qui permette de mobiliser un électorat et un parti.
La gauche meurt  d’avoir accompli sa mission, tel un insecte qui après avoir vécu une vie intense, disparaît, ayant perdu son utilité.
Il lui reste donc à réfléchir en profondeur pour proposer à la société française de nouvelles perspectives d’évolution, de progrès pour les trente prochaines années … ou à attendre un nouveau mai 68.

2007 : déclin des idéologies – émergence des personnalités

On parle depuis des années d’affaiblissement, de déclin des idéologies, de la disparition du clivage gauche-droite. On entend facilement au travail, au café, dans la rue des jugements comme « tous les mêmes » ou « il n’y a plus de différence ».

Ce leit-motiv répété et un peu usé n’est-il pourtant pas en train de se concrétiser dans la campagne présidentielle 2007 ?

Il faut noter à cet égard la remarquable montée en puissance de F.Bayrou qui apparaît particulièrement significative. Elle n’est pas liée à un engouement soudain des Français pour l’idéologie centriste. Elle traduit plutôt de manière spectaculaire l’affaiblissement des barrières idéologiques qui structuraient notre vie politique et l’émergence des personnalités dans le débat public.

Bayrou en effet rassure par sa personnalité : franchise, sérénité, clarté et cohérence dans son discours, solidité à défendre les acquis républicains auxquels l’immense majorité des Français sont attachés. Il séduit sur sa personne et non pas sur une idéologie particulière, sur un programme dont en fait il parle peu et qui apparaît peu original. Toutes les attaques de droite ou de gauche concentrées sur le centrisme, sur l’impossibilité de concilier valeurs de gauche et de droite etc… sont vaines car F.bayrou se place sur un autre champ : celui de l’homme providentiel. Celui de l’homme qui sait concilier dans un socle minimal les attentes de Français, inquiets devant l’activisme radical de N.Sarkozy ou l’incertitude attachée à S.Royal.

C’est la disparition quasi-achevée des idéologies qui permet cette synthèse inédite dans l’histoire de la démocratie française. Elle a abaissé les gardes-fou puissants qui empêchaient les électeurs de droite et de gauche de soutenir un candidat a priori du camp adverse. C’est cet affaiblissement idéologique qui permet également à N.Sarkozy de piocher à droite et à gauche dans son discours et de faire sans vergogne des allers et retours de Jaurès à Maurras, sans que son image ou sa popularite en soient affectées. C’est aussi ce qui permet à Ségolène Royal de parler d’ordre juste, d’encadrement militaire des délinquants…

Il est d’ailleurs frappant de remarquer que les partis qui ont une position idéologique forte et affirmée (extrême gauche, verts, MPF de de Villiers) sont nettement marginalisés dans cette campagne.

La campagne présidentielle 2007 marque sans doute un moment décisif où clairement les personnalités prennent le pas sur les idéologies, avec toutes les dérives que cela comporte en germe : démagogie, populisme puis autoritarisme.

En outre, n’oublions pas qu’au jeu des personnalités, la plus brillante d’entre elles est sans conteste aujourd’hui celle de J.M Le Pen.